Paul Bénichou

Paul Bénichou est une écrivain français, intellectuel, critique, et historien de la littérature.
Paul Bénichou connait la notoriété en 1948 avec son essai Morales du Grand Siècle, consacré au contexte social dans la littérature française du XVIIème siècle.
Il entreprend plus tard l’important projet d’expliquer les raisons du pessimisme exprimé par les écrivains du milieu du XIXème siècle.
Ce projet est l’objet d’oeuvres majeures, commençant par Le Sacre de l’écrivain – 1750-1830. En 1995, la parution de Selon Mallarmé peut-être considérée comme une suite donnée à ces ouvrages. En même temps, ces essais constituent une importante réinterprétation du romantisme français. Plus généralement, l’oeuvre de Paul Bénichou contribue à la compréhension de la place de l’écrivain dans la modernité, et éclaire le rôle des écrivains dans la constitution de la société moderne.

Note biographique

 

Né en Algérie française, à Tlemcen, le 19 septembre 1908, c’est à Paris que Paul Bénichou fait ses études : après avoir remporté le Concours général des Lycées, pour le meilleur thème latin, au Lycée Louis le Grand, Paul Bénichou entre à l’Ecole Normale Supérieure, en compagnie de Jean-Paul Sartre, Raymond Aron et Maurice Merleau-Ponty. Il obtient sa licence en 1927 et son agrégation en 1930.
Lors de ses études, Paul Bénichou milite dans le radicalisme et s’intéresse au Surréalisme, écrivant des poèmes ; son nom est mentionné dans l‘Histoire du Surréalisme, de Maurice Nadeau. Après la capitulation française et l’installation du régime de Vichy, les lois antisémites l’empêchent d’exercer le professorat. Il s’exile en Argentine, avec sa famille, et il fonde, en compagnie de Roger Caillois, l’Institut Français de Buenos Aires. Il participe aux cercles littéraires, rencontre Jorge Luis Borges, qu’il traduira plus tard ; il s’intéresse à la littérature médiévale espagnole et publiera deux essais sur le Romancero espagnol.
La publication et le succès critique de Morales du Grand Siècle en 1948 établissent la réputation de Paul Bénichou : le livre sera tiré à plus de 100 000 exemplaires. En 1949, Paul Bénichou est de retour à Paris comme professeur au Lycée Condorcet. Il y exerce jusqu’en 1958, année où il est invité à Harvard, où il sera professeur permanent jusqu’en 1979.
C’est dans les années 50 que Paul Bénichou entreprend son important et ambitieux projet . De longue date, il s’est interrogé sur le pessimisme, le spleen, des grands auteurs français du milieu du XIXème siècle, en particulier chez Charles Baudelaire ou Gustave Flaubert. Pendant vingt ans, Bénichou a centré ses recherches sur les relations entre les écrivains et la société. Cette recherche aboutit à la publication d’oeuvres majeures qui proposent des réponses à ces questions.
Prises dans leur ensemble, ces essais constituent une étude cohérente de la littérature française de 1750 à 1898, analysant et éclairant les courants de pensée de ces oeuvres. Paul Benichou établit les rapports existants entre les oeuvres de Molière, Corneille ou Racine et les conditions sociales de l’époque. Oeuvres d’érudition, ces essais frappent par leur clarté et leur précision.